BENJAMIN ROULET
die young stay pretty
Alors que la joie de vivre est omniprésente et que l’on perçoit ces images comme nos propres photos de vacances déjantées, la bonne impression laisse place très vite à un sentiment de malaise, légèrement perceptible mais bien assez pour ce poser des questions. Très vite la chanson “LIVE FAST ! DIE OLD” d’Asia Argento me trotte dans l’esprit.
Je m’entête à chanter l’inverse du titre choisi pour la série. Pour quoi? La chanson évoque une jeunesse préférant l’amour à la mort. Alors que serais je entrain de voir ? Il y a t il autre chose sous le verni ?
En effet, que souhaite nous montrer Benjamin Roulet à travers ce décor de carte postale où la jeunesse s’impose avec des corps sans défauts nous rappelant une
banale publicité? Sea sex and sun oui mais pas que ça ! Il se propose à la croisée d’un reportage et de la photographie de mode. Une étude socio-fashionista du bout de son Holga.
Dans son viseur des corps. Partout, tout le temps. On ne parle plus de personnes mais bien de corps, qui oubliés là se mouvent, se rapprochent, se touchent ou s’éloignent. Ces corps à moitié nus, désincarnés, deviennent alors des images. Benjamin parle d’un monde artificiel et éphémère qui est pour lui destiné déjà à fabriquer du visuel, “c’est un rapport d’image à image, de surface à surface” dit il. Je commence à comprendre mon malaise, la vie paradisiaque de ces nymphes et éphèbes est calculé au geste prêt. J’assiste au théâtre de la vie, de l’amour et de l’amusement mais voilà, c’est en carton pâte et le détail de ces ciels si profond qui prennent une grande place dans le cadrage de Benjamin m’évoque la scène finale du film “THE TRUMAN SHOW” où se rendant compte de la supercherie de sa vie, le personnage principal trouve le faux ciel fabriqué par ces bourreaux apres avoir compris tout les rouages de la manipulation dans laquelle il avait grandi et le perce alors de toute sa rage et de sa soif de vraie liberté.
Benjamin Roulet se plait à évoluer dans ce monde superficiel et photographique car c”est à l’intérieur de ce dernier qu’il vient jouer d’un décalage en proposant un regard qui vient mettre en relief sa construction. Il cherche à rendre intelligible sa surface fragile et évanescente avec sonr egard personnel entre fascination et volonté de comprendre, de déconstruire cette imagerie.
Rendez vous du 11 Novembre au 26 Novembre au 7 rue Réattu la galerie bis de La Vitrine 11 rue jouvène 13200 Arles